Les chapelles

Chapelles de la côte des Légendes (en rouge) :
Brendaoues - Guisseny
Chapelle Pol - Brignogan
Saint Egarec - Kerlouan
Saint Guenal - Kerlouan

Chapelles de Notre Dame du Folgoët (en vert) :
Saint Egarec - Lesneven
Chapelle Jezuz - Tregarantec
Sainte Pétronille - Ploudaniel

Saint Eloi - Ploudaniel
Notre Dame de la Clarté - Kernouës

Chapelles des Abers - Plouguerneau (en bleu) :
Sainte Marguerite - Landéda
Chapelle du Brouenou - Landéda
Chapelle disparue de Troubirou - Lannilis
Saint Sébastien - Lannilis
S
aint Yves du Bergot - Lannilis
Saint Michel - Plouguerneau
Notre Dame du Traon - Plouguerneau
Chapelle Prad Paol - Plouguerneau
Saint Laurent - Plouguerneau
Saint Claude - Plouguerneau
S
ainte Anne - Plouguerneau

Chapelles de la CCL de Plabennec Aber-Benoît (en jaune) :
Saint-Urfold - Bourg-Blanc
Landouzen - Le Drennec
Loc Maze - Le Drennec

Lanorven - Plabennec
Locmaria - Plabennec
Saint Jaoua - Plouvien
Saint Jean Balanan - Plouvien

La chapelle de Loc-Mazé (Le Drennec)

Loc-Mazé ou Lok-Maze (en breton)

« Lok-Maze » se situe à la limite sud ouest de la commune du Drennec sur les bords de l’Aber-Benoit. Les coteaux boisés s’étalent du château du Leuhan, jusqu’à Lok-Maze. En raison du sol très rocheux, la vallée se rétrécit.

Le château du Leuhan, tout proche, a été construit en 1882 par John Stears, époux de Béatrice de Keredern de Trobiand, fille d’un Colonel de la guerre de sécession aux Etats-Unis. Son père avait créé l’usine à gaz de Brest et construit le château de Ker Stears, avec des pierres bleutées provenant d’une carrière situées près du moulin de Rivoalen.

Il avait acheté la ferme de Ti Bras dont il fera dessécher l’étang d’une superficie de 50 hectares pour le mettre en culture. Il achète les fermes disponibles dans les environs dont de Loc Mazé, Créac’h Kuden et Kerscao Loc Mazé. Comme promis, il construit des maisons neuves qu’il loue aux paysans exploitant les fermes. Pour se rendre à Pentreff jusqu’à la route nationale, il fait construire un pont sur l’Aber Benoît et empierrer le chemin jusqu’à Milin Gouesnou. Le château n’ayant pas de chapelle, John Stears acheta en 1886, à la commune du Drennec, la chapelle de Loc Mazé. Mais le Ministère du culte fit annuler cette vente dont le produit devait servir à la restauration de la chapelle de Landouzen.

A Loc Mazé au bord de l’Aber Benoît « Aber Beneat » il faut regarder de près pour voir les vestiges du moulin : un pan de mur, un petit pont de pierre. Le moulin se situait à droite près du pont rénové en 2002. L’étang et la maison étaient dans la prairie où l’on prend le repas le jour du Gouel. Le dernier meunier surnommé «Bitig» a donné son nom au chemin qui longe le bois : Streat Bitig. Un peu plus en aval sur la rivière on trouve les restes de la centrale électrique construite pendant la dernière guerre.

La chapelle est située sur un promontoire rocheux, érodé par le temps. La chapelle actuelle date du XVII e siècle, elle est construite à l’emplacement d’une chapelle du XV e de style gothique. On a trouvé des pierres taillées, en Kersanton, lors de la dernière restauration. A la fin du XVIII e siècle, l’Abbé Garo, dernier recteur de Breventec, dont la tombe se trouve dans le placitre, avait procédé à une première restauration. En 1842 le clocher, donné pour assez « considérable » est détruit par la foudre. La commune fait construire le petit clocher actuel, le reste des pierres servira pour le nouveau clocher du bourg.

La Croix et la statue de la Vierge actuellement dans la chapelle proviennent du couvent des Capucins de Pabu. (22).

Devant la chapelle se dresse un calvaire en Kersanton portant deux écussons martelés, où l’on devine sur l’un cinq quintefeuilles, les armoiries de la famille Le Ny de Coatelez ; et sur l’autre, un calice avec les initiales H.M. et 1611. Malheureusement nous ne connaissons les noms des recteurs de Bréventec et des prieurs de Loc Mazé que depuis 1615. Sur le calvaire au sud nous avons : le Christ entouré de la Vierge et de Saint Jean ; au nord, Saint François d’Assise présentant ses mains avec les stigmates du Christ, entouré à gauche de Saint Nicolas avec à ses pieds les enfants, à droite de Saint Hervé aveugle guidé par Guiharan. Au bas du calvaire en 1904, d’après le Docteur Corre, se trouvaient l’Ecce Homo, une sainte femme, et Saint Sébastien.

Dans les années 1960, une tentative de vol des statues est déjouée grâce à Joséphine Dourmap. Alertée par un bruit suspect elle se rendit près de la chapelle. Le voleur avait déjà démonté la statue de la Vierge. Il est parti en fourgon laissant à terre la statue et son échelle.

Le dernier pardon de Loc Mazé a eu lieu en 1928 et la dernière messe célébrée par le Père Médard, en 1939. La chapelle abandonnée est tombée en ruine. En 1970 le groupe Ar Vro Pagan, au cours d’un stage, nettoie et fait tomber le reste du toit qui était dangereux.

C’est en 1979 que Fanch Jestin organise à Loc Mazé un stage de jeunes bretonnants dans le cadre de la Maison des Loisirs et de la Culture, MLC de Plabennec. Ils nettoient le cimetière, le site puis commence la restauration, avec remise en état des murs du placitre et de la chapelle. La réalisation de la charpente et du toit a été faite par des artisans locaux. La commune, propriétaire, souscrit un prêt bancaire. Les échéances sont payées par la MLC sur les résultats du Gouel.

En 1985 Fanch Jestin crée l’Association « Buhez ha Plijadur e Lok Maze », « Vie et plaisir à Loc Mazé » qui prend la suite de la MLC. Il en devient le Président jusqu’en 1997 remplacé par Michel Thépaut et en 2000 Corentin Marzin prend la suite jusqu’en 2018, date où François Trébaol prend la présidence.

En 1999 sont inaugurés les vitraux qui sont l’œuvre de deux artistes, Nicolas Fédorenko pour ceux du chœur, Yves Piquet pour ceux des bras de croix. Un autre groupe de trois : Guy Le Levé, Marie Le Bihan et Michel Thépaut ont dessiné les vitraux de la nef. Ils sont réalisés par l’atelier Jean Pierre Le Bihan de Quimper.

D’autres travaux ont été réalisés depuis par les bénévoles sous la conduite de Jean Thomas: jointoiement extérieur des murs, rénovation du calvaire dont un bras était cassé suite à un geste stupide d’un soldat allemand.

Tous ces travaux ont pu être réalisés grâce au résultat du pardon annuel « Gouel Lok Maze » qui a lieu l’avant dernier dimanche d’août. Le pardon comporte la cérémonie religieuse, la messe célébrée en breton, suivie de la fête profane avec le repas et l’après-midi festive avec les jeux de dominos, pétanque, quilles, jeux sur la rivière et la spécialité locale le rugby strobet.

D’autres animations, expositions de peintures ont eu lieu pendant une dizaine d’années. Actuellement un concert annuel permet de faire connaître les artistes bretons de notre région.

Les statues de Loc Mazé

En juin 1904 le docteur Corre passe à Loc Mazé et fait un inventaire complet des statues :

Dans le chœur :

1. Sainte Ventroc, invoquée (par similitude de consonances !) pour obtenir la guérison des maux de ventre : la statue de grandeur naturelle, représente manifestement une Sainte Vierge, couronnée, avec voile et manteau, robe longue portant l’enfant Jésus sur le bras gauche. Elle proviendrait de l’ancienne église de Bréventec. −Disparue.

2. Saint Mathieu ou Mazé, le patron, statue de grandeur naturelle, en bois, peinte, relativement moderne (XVIIIe siècle). −Récupérée à l’église saint Jacques de Brest−

3. Saint Nicolas, en évêque, avec trois petits enfants à ses pieds, statuette en bois. −A l’église du Drennec−.

4. Le Père Eternel, statue très ancienne, très vermoulue : assis, robe blanche et manteau rouge, très longue barbe, mitre bizarre, très haute −au moins 5 étages−, très pointues. −Disparue−.

Collatéral nord :

5. Sainte Anne, assise, l’air un peu revêche, figure de paysanne, apprenant à lire à Marie, enfant, dont l’expression timide est bien rendue. −Mise à l’abri chez les Capucins à Pabu (22) aujourd’hui dans la chapelle−.

6. Saint Michel, petite statuette mutilée, représentant St Michel, en chevalier. −Disparue−.

7. Saint Yves, assis, camail, bonnet carré à pointes très accentuées, un rouleau dans la main gauche, statue banale. −Disparue .

8. Tabernacle.Collatéral sud :

9. Vierge Marie, statuette de la Vierge, debout portant l’enfant Jésus. −Disparue−.

10. Sainte Catherine d’Alexandrie, très curieuse statue, dont le style, l’expression, les détails semblent indiquer qu’elle est soit de la fin du 14 e siècle soit du début du 15 e siècle −A l’église du Drennec−

11. Saint Mathieu, sur le tabernacle en bois, très grossier, petite statuette, peut-être St Mathieu ? Parement bâton, drapé à la manière ordinaire des apôtres, tenant un livre ouvert dans la main droite. −Sant Vaze bihan, Disparue−.

12. Saint Laurent, gril et livre, statue banale. −A l’église du Drennec−.

Nef :

13. Groupe : Le Christ, le Vierge et saint Jean, devant faire face à une chaire disparue : le Christ sur la croix, à ses côtés, la Vierge et St Jean. −Disparue−.

14. Saint Ermite. −Disparue−.

15. Saint Evêque. −Disparue−.

Peinture sur bois représentant N. D. de la Mercy. Ex-voto d’un captif racheté aux barbaresques par les Pères Rédemptionnistes ou de la Mercy.

L’ordre de la Mercy institué en 1223, était un ordre militaire et ensuite religieux. Ces moines faisaient vœux de chasteté, de pauvreté, d’obéissance et « de s’employer pour la délivrance des esclaves chrétiens détenus par les barbares, et même d’entrer en servitude pour la liberté des fidèles. »

Le tableau de Loc Mazé est bien un ex-voto, exécuté par un artiste populaire, sur commande de quelque marin ainsi délivré.

Sous un immense dais, à franges et à glands d’or, la Sainte Vierge, N.D. de la Miséricorde, debout les mains étendues, bénissant les personnages agenouillés à ses pieds. Elle est revêtue d’une longue robe blanche, armoriée sur la poitrine de l’écusson de l’ordre de la Mercy; son ample manteau bleu doublé d’hermine, soutenu par des angelots, laisse retomber ses pans sur les principaux personnages.

Suit l’historique des ordres voués au rachat des captifs dans les pays infidèles, et la description du tableau. Disparu.

14 juin 1904

L’ANCIENNE PAROISSE DE BREVENTEC

Bréventoc

Le village de Bréventoc, siège de la paroisse de Bréventec avant son rattachement au Drennec, Bréguentrec en 1272, Brenguentoc en 1330, provient de Bré : colline, Gwent : vent soit colline ventée. Le point culminant du Drennec se trouve à l’est de Bréventoc.

Sur le cadastre de 1830, on voit très bien la place centrale entre les propriétés Morvan et Ronvel. L’église disparue à une date inconnue se trouvait à l’emplacement actuel du parking de l’entreprise de travaux agricoles Ronvel. La patronne de l’église était “ Santez Ventroc ” ou Sainte Ediltrude fille du roi de Northumberland en Grande Bretagne. Elle fut Abbesse du monastère d’Ely. Elle est invoquée pour les maux de ventre, par analogie avec le mot breton gwent, mal de ventre. Après la disparition de l’église de Bréventec, le culte fut transféré à la chapelle de Loc Mazé.

Orientée est - ouest, avec un porche au sud, l’église était très petite vu la population de Bréventec. En 1786 le recteur se plaint de son sort. Il n’avait que 63 paroissiens, pour subvenir à l’entretien de trois personnes, lui, sa sœur malade et la karabasenn, l’employée.

Le missel de Breventec

421 (1106) : Missel à l’usage de l’Abbaye Saint MAHE de Fine de Terre. Le calendrier ne présente aucune particularité, sauf que le nom de Thomas Becket a été ajouté après l’achèvement du manuscrit. Au 1er juillet, fragment de note datant de 1272 et relative à un accensement fait par le prieur de BREGUENTREC ; au feuillet 15, note nécrologique très effacée, datée de 1327, au feuillet 30 verso, note non datée, constatant un accensement fait par S., abbé de Saint MAHE (vers 1330) ; cet abbé n’est pas mentionné par le Gallia Christiana, XIV e siècle.

Parchemin : 115 feuillets, Haut. 289, larg. 193 millimètres. XIIIe siècle. Extrêmement mutilé, sali et effacé, la plupart des feuillets ont perdu plusieurs lignes.

Extrait du Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Mazarine, par Auguste Molinier Tome 1er de 1885.

Ce missel manuscrit écrit sûrement par les moines de l’Abbaye de Saint Matthieu est antérieur au XIIIe siècle. La musique est écrite en neume, forme d’écriture antérieure au grégorien. Fernand Corbillon, 1er prix du conservatoire de Paris en Histoire de la Musique, à qui, on a présenté une photocopie, date le missel du X e siècle ou XI e siècle.

La chapelle de Landouzen (Le Drennec)

Pour parvenir à Landouzen nous suivons le sentier nouvellement tracé entre les champs et les prés. A l’entrée du chemin se dressait autrefois Kroaz ar Baotred, la croix des garçons actuellement cachée sur un talus au carrefour du Créac’h. (normalement elle devrait retrouvée son emplacement initial d’ici quelques mois)

La chapelle de Landouzen est construite sur un plateau, « près de l’importante voie romaine qui conduisait de Landerneau à une station située sur le rivage sud de la baie de l’Aber-Wrac’h.»[1]. Les stèles présentes sur les lieux attestent de l’ancienneté du site

Ce lieu rappelle la rencontre des parents de Saint Hervé, Hoarvian. Le jeune barde d’origine galloise revenait de la cour du roi Childebert à Paris. Pour rejoindre le port de l’Aber-Wrac’h et retourner dans son pays, il traversa le Drennec et passant par Landouzan il rencontra une jeune fille nommée Riwanon. De leur union naîtra saint Hervé.[2]

La chapelle est dédiée à saint Ursin qui est la francisation du breton « Touzan » ou « Ursan », ermite qui s’était installé en ce lieu.

Landouzen était une trève de la paroisse du Drennec avant la Révolution. On y célébrait les baptêmes, les mariages et les funérailles. Comme dans l’église du bourg, les inhumations se sont faites dans la chapelle jusqu’en 1776, puis dans le cimetière. En 1767, on fait des travaux sur le clocher. En 1783, est bénite une nouvelle cloche qui a pour parrain le marquis de Kerouartz. Cette famille de Lannilis descend de la famille du Bois − Coat-Eozen −. Après 1800, le culte est transféré au bourg, la chapelle ne sera plus ouverte que pour les rogations et le pardon qui a lieu le deuxième dimanche de juillet. Pendant la reconstruction de l’église au bourg vers 1845-1850, le culte a lieu dans la chapelle de Landouzen. En 2002, la foudre ayant frappé le clocher et endommagé l’église paroissiale, les offices ont été célébrés pendant 9 mois dans la chapelle de Landouzen.

L’enclos

La chapelle a conservé son enclos avec une entrée principale constituée de trois gros piliers en pierres de taille et d’un échalier. Le pilier central est surmonté d’un calvaire dont le fût porte la date 1597. L’ossuaire près du porche et la sacristie à l’angle nord-est ont disparu. Il y a un magnifique porche gothique avec des bancs latéraux et une pierre tombale, portant l’inscription « A. MASOUN 1781 »

A l’angle nord-est une grande croix monolithe a été dressée en 1997, elle provient du couvent des Capucins de Lorient.

Une pierre tombale se trouve dans l’angle à l’emplacement de l’ossuaire, c’est la pierre de Jean Broc’h, prêtre natif de Kerdéozen Bian, décédé en1778. Elle était auparavant située au milieu de l’enclos. Près de cette dalle funéraire, il y a des fragments de fût et d’une base de croix près desquels se dressent deux stèles.

Les Stèles

Le site était habité depuis longtemps comme l’atteste la présence de stèles de l’âge de fer. La plus connue est la pierre octogonale située près du porche de la chapelle. Cette stèle présente une entaille bien curieuse.

Légende de Landouzen

D’après la légende, à l’époque où Saint Ursin évangélisait la contrée, un dragon terrorisait la région et empêchait les gens d’aller vers lui. Un jour, Ursin réussit à capturer le dragon et l’attacha à une pierre haute située près de l’église. Le saint homme entra dans l’église pour rendre grâce à Dieu. Le dragon tirait sur sa chaîne pour essayer de se libérer et jurait d’y parvenir. Il menaçait de faire s’écrouler l’édifice, avant la fin de la messe. Il ne put achever son œuvre destructrice. Saint Ursin jeta le dragon dans un puits sans fond. La pierre présentant une curieuse entaille se trouve près du porche.

La chapelle

La partie la plus ancienne de l’édifice est du début du XVI e siècle. La date de 1526 figure sur le contrefort du chevet. La chapelle a été agrandie au début du XVIII e siècle et c’est sans doute à cette époque que la grande verrière du chevet a été murée. Le sommet du pignon sud porte la date de 1730.

Actuellement il ne reste rien du mobilier. Devant le chœur, il y a trois pierres tombales ornées d’écussons dont un seul est lisible et présente les armoiries des Barbier de Landouzen. Sous le mur du transept nord, on devine une petite partie d’une belle pierre tombale. Une dalle, dont l’écusson porte une croix, est devant la petite porte latérale. Un blason impossible à lire se trouve à l’extérieur au -dessus de la porte sud. Un autre écusson est visible au niveau des marches nord ouest. Dans le bas de la nef une cheminée a été dégagée en 1997. Cette dernière a été bouchée et le linteau, cassé en deux, était inclus dans le mur pour servir de support de statue.

La cuve des fonts baptismaux à faces irrégulières porte des motifs en creux et a été taillée dans une stèle antique.

Au début du vingtième siècle, la chapelle est laissée à l’abandon. En 1923, le conseil municipal décide d’entreprendre quelques travaux de sauvegarde: réparation de la toiture et changement des fenêtres.

Après la guerre 1939-1945 la chapelle n’est plus entretenue. Vers 1958, les boiseries du chœur sont retirées et une partie installée dans l’église paroissiale, ainsi que le maître-autel et la statue de saint Ursin. La statue de la Vierge est à l’église saint Jacques à Brest. Les tableaux qui ornaient les autels latéraux sont brûlés. L’ossuaire est démoli et les pierres de taille servent pour la construction d’une église à Léchiagat dans le pays bigouden. Vers 1960 une croix qui bordait la route est offerte à un chirurgien de Brest qui soignait bénévolement les prêtres. Les pardons s’y sont déroulés jusqu’en 1956. La chapelle se détériore très vite, les pierres tombent du clocher sur le toit, le vent et la pluie pénètrent par des brèches béantes. Il faut signaler aussi des actes de vandalisme, des pierres de taille disparaissent du porche et des murs.

C’est dans cet état d’abandon qu’est la chapelle lors de la visite de Dominique de Lafforest en 1969, il publie dans le « Télégramme de Brest » sous la rubrique « S.O.S. vieilles pierres » un appel au secours pour Landouzen. L’association Mignoned Landouzen est créée le 06 juillet 1969, et le premier président a été Louis Tygréat. Après le nettoyage, l’enlèvement de la vieille charpente, une fête a été organisée le 31 août. La restauration des murs peut commencer. L’année 1973 marque une grande étape dans la rénovation : la charpente, la toiture et les portes, sont mises en place, les fenêtres sont réparées et l’électrification de la chapelle assurée.

En 1988, l’enclos change d’aspect avec l’abattage des arbres en mauvais état qui devenaient dangereux. En 1989, les Capucins de Lorient dont le père Tygréat originaire du quartier, après la vente des bâtiments du couvent, offrent à Landouzen une cloche, les statues de la Vierge, signée Georges Serraz, de Sainte Claire, signée V. Parvillée, et un visage de Saint François.

Le calvaire de 1597 avait perdu sa partie haute avec tous ses personnages, au profit du calvaire du bourg lors de la mission de 1884. Il retrouve en 2005 un ensemble avec le Christ, la Vierge et Saint Jean, œuvre de Jean Marc Jézéquel, sculpteur de Plouguerneau.

Tous les travaux : toiture, portes, fenêtre, murs de la chapelle et de l’enclos, ont été réalisés grâce aux fonds recueillis, lors du pardon annuel « Gouel Landouzen » qui a lieu le deuxième dimanche de juillet.

Pourquoi les pardons sont-ils pour nous importants ?

Les pardons viennent de très loin : aussi loin que l’histoire de l’évangélisation chez nous en Bretagne.

Les pardons sont l’occasion de regroupement de personnes originaires de la paroisse ou liées au lieu.

Quelle que soit la foi des personnes, le jour du pardon :

C’est une journée de retrouvailles et de fête autour d’un lieu sacré.

C’est aussi une journée liée à une dévotion particulière, à un saint local ou à la Vierge.

C’est une fête pour l’âme et le corps, le spirituel et le corporel, pour l’homme tout entier.

C’est une porte d’entrée possible pour les gens qui sont au seuil ou en dehors de l’Eglise et qui cherchent sens à leur vie.

Les pardons sont un des hauts lieux de l’affirmation de notre identité à la fois bretonne et chrétienne : les deux aspects sont pour nous intimement liés.

Pour les membres des comités, quelle que soit l’expression de leur foi, c’est le point culminant de leur année. Pour eux qui créent des liens autour du projet de faire vivre la chapelle, c’est à la fois un jour de souci pour préparer et un jour de joie de voir tant de monde mobilisé autour de leur projet et heureux de se retrouver, de partager.[3]

3 Extrait du compte-rendu de la rencontre de la Commission Diocésaine Langues et culture bretonne avec Mgr Le Vert le 10 janvier 2009. Atelier concernant les pardons en Finistère.

Le Drennec offre un riche patrimoine religieux qui demande à être connu avec son église paroissiale et ses chapelles de Landouzen et de Loc Mazé. Celles-ci ont été restaurées grâce aux associations : « Mignoned Landouzen « et « Buhez ha Plijadur e Lok Mazé ». Elles peuvent témoigner de longues années encore de la foi de nos ancêtres. Sa situation géographique dans les vallées des Abers présente une diversité de paysages incitant à la randonnée pédestre, vététiste ou équestre sur les circuits existants ou en projets. Elle offre aux habitants de plus en plus nombreux un cadre de vie agréable.



[1] 8 Louis Le Guennec: Le Finistère Monumental Tome II Brest et sa Région Ed.1981.

[2] 9 Jorda et Ronan Caouissin : Landouzan, au cœur des siècles bretons Ed. 1979

La chapelle de Locmaria à Plabennec

Dédiée à la Vierge Marie, la chapelle de Locmaria (qu'on nomme aussi Locmaria-Lann) impressionne par son imposant clocher-porche.

Le site de Locmaria, habité dès l'Antiquité comme l'attestent les tuiles et les fragments de poteries de l'époque gallo-romaines retrouvés dans l'enclos, aurait abrité un oratoire au VIIème siècle (Loc- : lieu consacré) puis un couvent (-lann : prieuré). Une chapelle sera construite vers le XIème siècle, mentionnée en 1363 sous le titre de « Ecclesia Beatae Mariae de landa ». Elle devient une trève de Plabennec et s'enrichit grâce aux dons des pèlerins et au soutien de familles nobles voisines. La chapelle est agrandie au XVIème siècle. C'est de cette époque que datent le maître-autel, le clocher et le majestueux clavaire. La perte du statut de trève en 1696 au profit de l'église paroissiale entraîne l'abandon progressif du lieu de culte jusqu'à sa vente comme bien national. Tombée en ruines après la révolution et rachetée par la fabrique, elle est modestement reconstruite en 1841. Elle est raccourcie et perd son ossuaire, la sacristie est déplacée. Le culte reprend modestement et rassemble les habitants des quartiers voisins.


Le pardon est fêté le dernier dimanche du mois d'août chaque été.

L'édifice se distingue surtout par son haut et massif clocher de style Renaissance (1580) épaulé de contreforts, décoré d’un double étage de beffroi terminé par une flèche pyramidale qui culmine à près de 40m de hauteur. A l’entrée de l’enclos se dresse une magnifique croix-calvaire en pierre de kersanton et ornée de dix personnages. ous le porche voûté étaient disposées auparavant les statues de onze sibylles et d’une sainte : sainte Véronique qui ornent à présent les murs de la chapelle. L’intérieur de la chapelle abrite un très bel autel en kersanton (plus de 3m de longueur) de style gothique flamboyant et décoré de 12 panneaux finement sculptés

(1512). Cet autel est surmonté d'un retable polychrome plus récent (1682). La Vierge Marie, maîtresse du lieu, est représentée en Vierge à l'Enfant debout sur un croissant de lune et foulant une dragonne.

Le sol en terre battue confère au lieu une acoustique remarquable. Des travaux de restauration et de consolidations du clocher ont été réalisés en 2015 et 2016. Depuis 1976, des bénévoles se sont réunis au sein de l'association « Mignoned Locmaria » (« les amis de Locmaria » en breton) pour sauvegarder le patrimoine archéologique, historique et artistique du quartier. En organisant diverses manifestations cultuelles et culturelles (le traditionnel pardon le dernier dimanche d’août, des concerts, des expositions) l’association participe au financement de la restauration ainsi qu’à l’animation du quartier. Ses activités sont présentées sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram)

Facebook de Mignoned Locmaria

La chapelle de Lanorven à Plabennec


La chapelle de Lanorven est dédiée à Sainte Anne .

Depuis sa remise en état par l'association "Santez Anna Lanorven"

une messe est célébrée chaque année fin juillet le dimanche qui suit la fête de Sainte Anne. D'autres manifestations religieuses ont également lieu comme le mois de Marie, la troménie de Saint Thénénan avec arrêt près de la croix.

La chapelle est également ouverte pour accueillir des manifestations culturelles, notamment des expositions de peintures, sculptures ...

soit pour faire connaître des artistes locaux, soit dans le cadre des expositions estivales organisées par ACBL.

Pour connaître l'historique de l'association, ses actions pour remettre en état le patrimoine du village de Lanorven (Chapelle, lavoir, forge) vous pouvez consulter le site internet: http://chapellelanorven.e-monsite.com/

Les vitraux de la chapelle St Jaoua à Plouvien

C’est à Plouvien, dans un cadre charmant, que nous découvrons les superbes vitraux de la chapelle St Jaoua, très bel exemple de dialogue entre patrimoine moderne (vitraux de 2016) et patrimoine ancien (chapelle du XVI° siècle).

« Dieu parle et le chaos se dissipe à sa voix. » Ces mots de Voltaire introduisent les recherches d’Udo Zembok, créateur des vitraux, sur la lumière-couleur. L'artiste s'appuie sur la vie de St Jaoua aux origines lointaines influencées par une culture celtique en lien avec la nature, monde de la création appartenant au « royaume du père ». Le « monde du Fils » apporte une lumière nouvelle à l'humanité en marche sans rien renier du passé. Udo Zembok suit un chemin, qui le conduit d'Est en Ouest, de l'ancien Testament vers le nouveau Testament, porté par le message du Christ.

Des couleurs terre accrochées à la nature, il développe progressivement au choeur, la couleur rouge adoucie par la lumière, portant le symbole de la Vie, de l’Amour. La lumière solaire y atteint son point culminant. La couleur jaune la plus légère rappelle que le Christ se révèle comme lumière du Monde.

A l'Ouest, il suggère la présence de l'eau, source de vie en lien avec la fontaine. Enfin, au Nord, il rattache l’élément terre qu’il sublime en se donnant à la contemplation. En créant cet espace lumineux, basé sur des techniques contemporaines Udo Zembok nous fait cheminer vers la méditation, et la contemplation.

Ceci n’est qu’une petite présentation, rien de tel que de pouvoir découvrir réellement ce patrimoine paroissial, alors voilà une idée de balade à noter dans vos agendas !


La chapelle St Fiacre à Plouider

Une belle chapelle au bord de la route, au fond d’une vallée où coule une rivière « la Flèche » : la chapelle St Fiacre, au lieu dit Pont-du-Châtel à Plouider, est un bel édifice du XVIème siècle. Elle est connue pour sa "fenêtre aux lépreux", qui permettait aux "kakous" (lépreux, tonneliers, cordiers), du hameau voisin, d'assister aux offices séparés des autres fidèles. Dans son enclos s’élève un beau calvaire, et on découvre à son chevet une source dédiée à St Fiacre, fêté le 30 août et dont le Pardon est célébré le dimanche proche de cette date.

A l’intérieur, un calme reposant accueille le visiteur qui peut rêver, prier, se recueillir et tourner son regard vers les belles statues : St Fiacre est bien représenté avec sa bèche à la main. D’autres illustrent l’Évangile : St Jean-Baptiste nous présente un agneau (Jn 1, 9); une Vierge à l’Enfant, la lune à ses pieds et terrassant un dragon (Ap 12, 1) ; un Ecce Homo ainsi qu’un chemin de Croix nous ramènent à la Passion.

En voyant cette belle chapelle on ne peut que remercier ceux qui nous ont précédés dans la foi pour son édification. La chapelle est entretenue par des voisins et par la commune. Puisse-t-elle continuer à attirer les pèlerins !

Ceci n’est qu’une petite présentation, rien de tel que de pouvoir découvrir réellement ce patrimoine paroissial, alors voilà une idée de balade à noter dans vos agendas !