Consécration de l'autel de l'église de Lannilis

Dimanche 11 juillet, Mgr Le Stang a consacré l'autel de l'église St Pierre et St Paul de Lannilis


Carousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel imageCarousel image

Homélie de Mgr Le Stang

2021 07 11 Lannilis.pdf


Quelle est la signification de la consécration?

Quel est le but de cette consécration ?

« Cette onction de l’autel manifeste une transcendance, une présence divine qui lui confère un caractère sacré. L’autel est signe de la présence de Dieu. Voilà pourquoi les prêtres le vénèrent en l’embrassant car c’est sur lui que se réalise le Saint Sacrifice rendu présent à chaque messe et qui sauve les hommes par le don d’amour que le Christ a fait une fois pour toutes sur la croix »


La mise en place des reliques

« Lors de la consécration d’un autel, les reliques d’un saint ou d’une sainte sont déposées à l’intérieur de celui-ci. Le signe de la dépose de reliques dans les autels est hautement spirituel, théologique et… missionnaire. Depuis les origines de l’Église, la foi se fonde sur la transmission de « personne » à « personne » de la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus-Christ. Au cours de l’histoire de l’Église, des hommes et des femmes ont été reconnus « saints » par l’Église, non pas d’abord pour leur possible vie exemplaire, mais par leur fidélité à l’Évangile. Ainsi, les reliques de ces femmes, de ces hommes ou de ces enfants sont déposées dans les autels des églises pour d’une part montrer leur intimité avec le Christ –que l’autel représente- mais aussi pour rappeler à l’assemblée son devoir de transmettre pour les générations futures la Bonne Nouvelle du Salut. Car les saints de demain sont dans les assemblées d’aujourd’hui.

Dans l’autel de Lannilis les reliques ont été scellées dans l’autel la veille de la consécration.


L’onction avec le Saint-Chrême

Lors de la consécration de l’autel, l’onction avec le Saint-Chrême des cinq croix (une au centre et les autres aux quatre coins), et de toute la surface de la table, fait de cette pierre le symbole du Christ, que le Père a oint de l’Esprit Saint.


Le Saint-Chrême est une huile parfumée, utilisée pour les onctions de consécration : sur le sommet de la tête pour le baptême ; sur le front pour la confirmation ; dans les paumes des mains du nouveau prêtre dans l’ordination sacer­dotale ; sur le sommet de la tête du nouvel évêque dans l’ordination épiscopale ; lors de la dédicace des autels, il est répandu sur la table d’autel et sur les croix de consécration.


L’onction du Saint-Chrême symbolise, en chacun de ces cas, la descente de l’Esprit Saint qui pénètre les êtres, comme l’huile imprègne profondément ce qu’elle touche. Elle fait participer les personnes, de façons diverses, à l’onction royale, sacerdotale et prophétique du Christ. Comme dans le sacrement de la confirmation.

L’Oint par excellence est le Messie, le Christ, lui qui est le Roi, le Grand Prêtre et le Prophète. Symbole de joie et de beauté, signe de consécration, l’huile est encore l’onguent qui calme les douleurs et qui fortifie les lutteurs, les rendant plus souples et moins vulnérables.

Le rite de l’encensement

On fait alors flamber de l’encens sur l’autel, en signe de la prière qui devra continuer à monter vers Dieu dans cette église, la rem­plissant de la bonne odeur du Christ (2 Co, 2, 14-16) ; l’on encense l’assemblée, temple vivant dont l’autre est le signe.

L’encens que l’on fait fumer sur l’autel symbolise le sacrifice du Christ, qui s’est offert à son Père en odeur de suavité (Ep 5, 2), et aussi les prières des fidèles, inspirées par le Saint-Esprit.

Placer des aliments sur cette table de pierre revient à les mettre entre les mains de Dieu ; les faire fumer, c’est les diriger vers le ciel, pour que Dieu en respire l’agréable odeur (cf. Gn 8, 21). Table où les offrandes « passent » dans le domaine du sacré divin, l’autel participe à la sainteté de Dieu.

Table de l’holocauste, où la victime part toute en fumée vers Dieu, l’autel est aussi la table où Dieu et la communauté des fidèles se partagent les aliments, en signe de communion. La nourriture venue de Dieu lui est restituée, et la part qui revient à l’homme est pleinement reconnue comme sacrée. Dieu et l’homme communient à la même vie : ils sont convives.

Nappe et cierges sont posés sur l’autel

Les nappes posées sur l’autel manifestent qu’il est la table du repas eucharistique, où Dieu et l’homme communient dans le sang du Verbe incarné, mort et ressuscité. L’éclat des cierges qui entourent l’autel évoque le Christ « lumière des nations » (Lc 2, 32). Le sacrifice eucharistique est finalement le rite essentiel de la dédicace.

Cet article doit tout à Dom Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, in Dictionnaire de Liturgie.